L’art ancestral du bois brûlé

par | Jan 11, 2022

Chez Salvateur, nous sommes amoureux des savoir-faire ancestraux comme le bois brûlé. Nous aimons ce qui est là pour durer : les créations artisanales au style intemporel, faisant appel à la tradition et qui allient esthétisme et respect de l’environnement. Le bois brûlé en est un bel exemple ! Focus sur cette technique qui rivalise de charmes et de nuances.

Qu’est-ce que le Yakisugi ?

Cette technique de conservation ancestrale du bois brûlé se nomme Yakisugi. Elle prend racine dans l’Antiquité mais se répand et trouve son apogée au Japon avec l’utilisation du Cèdre principalement.

Elle permet de protéger durablement le bois des murs (bardages) ou des meubles grâce à la combustion. Le résultat est sublime et totalement unique.

Shou sugi ban ou Yakisugi ??

Le bois brûlé s’écrit “焼杉” (alphabet nippon antique, le Kanji, dérivé du chinois). Il se prononce « Yakisugi » en japonais “moderne” et « Shou sugi ban » de manière plus antique et plus proche du chinois. Ainsi, ces deux mots signifient la même chose : bois brûlé. Retenons que l’appellation la plus juste est « Yakisugi » mais la plus répandue « Shou sugi ban » !

Petite histoire et technique ancestrale du bois brûlé

Au Néolithique, les hommes utilisaient déjà cette technique pour durcir leurs pointes de flèches en les brûlant partiellement.

Plus tard, au Moyen-âge, c’est au Japon, pays baigné de traditions, que l’art du bois brûlé ou Yakisugi se développe.

Cette technique s’inscrit dans la philosophie « Wabi-Sabi » qui provient du bouddhisme et cherche à mettre en valeur les imperfections et célèbre l’impermanence, reflet du cycle de la vie. Elle consiste à brûler des planches de bois de Cèdre utilisées dans la construction et l’ameublement afin de les rendre plus résistantes.

Traditionnellement, l’artisan créait une pyramide triangulaire à l’aide de 3 planches de bois massif puis insérait le feu au cœur de l’assemblage en prenant soin de laisser passer assez d’air pour intensifier la combustion. A un moment critique et précis, il aspergeait le bois en feu d’eau pour la stopper et obtenait ainsi du bois fossile noirci. Il ne lui restait plus qu’à le frotter afin d’enlever les impuretés. 

Autrefois le Shou Sugi Ban était utilisé pour protéger les habitations nippones des intempéries, de l’humidité, des insectes xylophages ou encore pour lutter contre la propagation des incendies.

La technique du bois brulé a longtemps souffert au Japon d’une image trop rurale. Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que la méthode se développe et prospère grâce au commerce. À cette période, la mer intérieure de Seto et ses îles deviennent rapidement un lieu de passage stratégique. De nombreuses constructions en Yakisugi apparaissent dans le paysage.

Aujourd’hui encore très représenté dans ces îles, on trouve des bardages foncés en Shou sugi ban fréquemment sur les plus belles habitations aussi bien traditionnelles que contemporaines. De plus, il s’invite également dans le design d’intérieur donnant une touche d’élégance et de sobriété.

La technique contemporaine, celle utilisée chez Salvateur

De nos jours, cette technique chargée d’histoire séduit de plus en plus les designers et architectes soucieux d’utiliser des matériaux écologiques et durables. Les tables, étagères, plans de travail ou lambris en bois brûlé se rencontrent de plus en plus et les maisons au bardage ou avec des terrasses en bois noirs se rencontrent plus souvent. Au Japon, l’architecte Terunobu Fujimori utilise le bois brûlé pour ses constructions originales en éléments naturels. En revanche, la technique traditionnelle a été remplacée par une technique plus moderne et précise.

En effet, le procédé a été amélioré, principalement, pour pouvoir mieux contrôler la teinte finale du bois. Plusieurs paramètres sont modifiables en fonction de l’apparence souhaitée : le degré de combustion, l’intensité du brossage, l’essence de bois utilisée ou bien l’application (ou non) d’un enduit.

  • Ils existent différentes méthodes de combustion : la plus utilisée est celle du chalumeau mais elle reste fastidieuse car le temps nécessaire à la combustion du bois est relativement long (entre 10 et 20 minutes). Elle est donc généralement utilisée dans la fabrication de plateaux de tables en petite série. C’est cette technique que nous utilisons chez Salvateur. On retrouve une autre technique similaire qui mène au même résultat et qui consiste à étaler les planches 2 par 2 sur un brasier pour obtenir une carbonisation sur 3 à 5 mm d’épaisseur.
  • Après rinçage et séchage, l’intensité du brossage permettra d’obtenir un relief plus ou moins creusé de la surface de la pièce de bois. Selon le rendu final souhaité, l’artisan dosera ce geste technique.
  • Le choix de l’essence du bois est aussi un paramètre important. Il a également évolué avec le temps. Dans la technique ancestrale japonaise, le Shou Sugi Ban se pratiquait principalement sur le bois de Cèdre. Aujourd’hui, une multitude de possibilités existe. Les essences le plus utilisées par les designers, décorateurs et artisans sont généralement les bois exotiques (le Teck, le Manguier, le Suar, l’Eucalyptus,)… Chez Salvateur, nous utilisons des bois locaux, d’Occitanie, principalement le Chêne ou les résineux (Douglas, …) mais toutes les essences de bois sont utilisables : Châtaignier, Frêne, Acacia, Hêtre, etc.
  • Enfin, on peut également enduire l’ensemble de la surface avec de l’huile pour fixer la couleur et varier les effets pour une finition impeccable.

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